LA CATALEPSIE ET LE REPOS DANS L’ESPRIT

LA CATALEPSIE ET LE REPOS DANS L’ESPRIT

La catalepsie est une paralysie passagère caractérisée par la disparition des réflexes de locomotion et de changement de position, la réduction de la sensibilité et souvent la contraction tonique des muscles. Certains dictionnaires établissent une relation avec l’état hypnotique et la schizophrénie.

Cette suspension complète du mouvement volontaire des muscles est probablement aussi vieille que l’humanité, mais elle a été développée et pratiquée abondamment en Occident par l’occultiste Franz Anton Mesmer dans le cadre de ses séances de thérapie individuelles et collectives.

A. L’ORIGINE OCCULTE DE LA CATALEPSIE
Franz Anton Mesmer (1734-1815)  a suivi des cours de droit et de médecine à l’université de Vienne connue pour ses thérapies par le magnétisme, l’alchimie et les pratiques théosophiques c’est-à-dire occultes et sataniques.

Se fondant sur l’astrologie, les idées de l’occultiste Paracelse (1493-1541) ainsi que sur les idées d’illuminés et d’occultistes qu’il fréquentait assidûment, il soutint en 1766 une petite thèse de médecine intitulée  De l’influence des planètes sur le corps humain, puis publia en 1779 le Mémoire sur la découverte du magnétisme animal. Dans ces œuvres il expliqua le comportement humain, le mouvement des planètes, tout mouvement et tout phénomène physique dans l’univers, par l’action mystérieuse d’un fluide invisible, le fluide magnétique.
Dès 1775 Mesmer prétendait transmettre bien-être et énergie physiques et moraux à tous les accablés, asthéniques, cachectiques, et guérir les maladies physiques ou mentales quelles qu’elles soient, par l’imposition des mains et les passes magnétiques.

« La capacité du magnétiseur à manipuler le fluide magnétique contenu dans le corps du malade serait à la base des guérisons. La maladie est conçue comme un obstacle à la libre circulation du fluide magnétique à travers les différentes parties du corps et le traitement consiste à renforcer cette circulation du fluide magnétique dans le corps, en particulier par des massages. »  (Dolorès Martin)

Face à l’énorme afflux de candidats à la mesmerisation, il introduisit en 1780 une méthode collective de traitement. Lors de ces séances de thérapie de groupe, certains éprouvaient une chaleur locale ou généralisée et transpiraient, un grand nombre de clients ou patients et notamment de nombreuses femmes de la haute société parisienne, étaient saisis de fous rires incoercibles et de toutes sortes de contorsions, convulsions et tressaillements.
Beaucoup de personnes venaient régulièrement à l’imposition des mains dans l’espoir de recevoir, au moins pour un temps, un sentiment de bien-être, contentement, détente, quiétude, et d’ataraxie.
Une commission de savants, crée par l’Académie des Science, dénonça le vide cognitif de son  système et les effets nocifs sur la population, mais Mesmer n’en eut cure.
On peut lire dans le rapport de cette commission :

« Les convulsions sont caractérisées par des mouvements spasmodiques involontaires des membres et de tout le corps, par la contraction de la gorge, par des spasmes de la région hypocondriaque et épigastrique ; le regard est hagard et errant ; il y a des cris perçants, des larmes, des hoquets et des rires déments. Les convulsions sont précédées et suivies par un état de langueur et de rêverie, par une fatigue et une somnolence. »
Mesmer utilisait aussi comme agents thérapeutiques « le regard, la semi-obscurité de la salle des séances, une musique « céleste », et certains artefacts… » (Dolorès Martin)

Entre 1770 et 1784, Mesmer traita plus de 8000 personnes.
Rapidement ses disciples vont ajouter à cette panoplie le sommeil hypnotique, le somnambulisme éveillé, la manifestation de miracles divers, et ce qu’on appelle de nos jours la sophrologie, la télékinésie, le spiritisme…

Exporté aux États-Unis, le mesmérisme fut à l’origine de deux épouvantables mouvements sectaires, « le spiritisme, qui touche de près à la parapsychologie, et la Christian Science. Bien que les deux doctrines soient fort différentes, elles ont historiquement une origine commune, relatée par James Webb dans son excellent article sur l’hypnotisme de l’encyclopédie de l’inexpliqué. » (Dolorès Martin)

Qui oserait dire que Franz Anton Mesmer et ses adeptes aient été des serviteurs de Dieu et que les manifestations cataleptiques étaient dues au Saint Esprit ?

B. COMMENT CES PRATIQUES SONT-ELLES ENTRÉES DANS L’ÉGLISE ?
Selon de nombreux serviteurs de Dieu, ces pratiques ont été introduites dans les Églises par des satanistes déguisés en serviteurs de Dieu. Paul parle aussi de faux frères (Galates 2.4), de faux apôtres (2 Corinthiens 11.13), il dit que Satan peut se déguiser en Ange de Lumière (2 Corinthiens 11.14)

Rebecca Brown atteste que des satanistes ont imposé les mains dans les Églises pour transmettre des manifestations démoniaques aux chrétiens avides de sensationnel.
Ensuite les chrétiens se transmettent ces manifestations non bibliques les uns aux autres de diverses manières : par  des impositions de mains, des attouchements, en soufflant sur les personnes ou sur l’assistance (certains orateurs soufflent sur le microphone)…
Est-il important d’éviter des manifestations non bibliques ?
Un grand nombre d’Eglises perturbées par ces manifestations non bibliques ont connu de douloureuses divisions et d’autres ont disparu.

C. OBJECTIONS
1. S’il y a de fausses manifestations, il doit y avoir de vraies :
Certains prétendent que s’il y a de fausses manifestations cataleptiques, il doit y en avoir aussi d’authentiques. Il est vrai que le diable singe l’action de Dieu, mais où dans les Saintes Écritures est-il question de tomber à la renverse, de fou rire, de tremblements, d’ivresse de l’esprit… ? Jésus et ses disciples ont-ils enseigné cela ? L’ont-ils pratiqué ?

Un apôtre indien, fondateur de nombreuses Églises, a déclaré : « Quand on me propose des nouveautés spirituelles, je me demande : – Jésus a-t-il enseigné cela ? L’a-t-il pratiqué ? Les Apôtres ont-ils enseigné cela ? L’ont-ils pratiqué ? Si non, alors je n’en veux pas ! »

En fait, l’Écriture mentionne trois cas de personnes tombant à la renverse :

  • le prêtre Eli que l’Éternel avait rejeté en raison de sa lâcheté et de son manque de respect pour Dieu (1 Samuel 2.29-36) :
    1 Samuel 4.18 : Lorsque le messager fit mention du coffre de Dieu, Eli tomba de son siège à la renverse, à côté de la porte du sanctuaire, il se brisa la nuque et mourut, car il était âgé et lourd. 
  • les prêtres et prophètes indignes, égarés dans leurs visions (Esaïe 28.7) :

Esaïe 28.13 : de sorte qu’en marchant, ils tombent en arrière et se cassent les reins,
qu’ils soient pris au filet et qu’ils soient capturés.

  • Les soldats et les gardes venus pour se saisir de Jésus dans le jardin de Gehsémanée :

Jean 18.6 :  Au moment même où Jésus leur dit : « C’est moi », ils eurent un mouvement de recul et tombèrent par terre.
Le grec dit littéralement : ils reculèrent vers les arrières et tombèrent à terre, ce qui peut aussi se comprendre : ils tombèrent en arrière !

Lorsque le Seigneur ou un ange apparaît  à un serviteur de Dieu, celui-ci tombe sur sa face et non à la renverse : Manoach et sa femme (Juges 13.20), Ezéchiel (3.23 ; 44.4), Daniel (8.17-18 ; 10.9)…
La catalepsie n’est pas biblique. Il est impératif de ne pas tolérer ces manifestations démoniaques au milieu de nous.
Nous avons « Moïse et les Prophètes » écoutons-les ! Voir Luc 16.29

2.  Mesmer n’a pas agit au nom de Jésus :
On objectera que les chrétiens dont le ministère s’accompagne de manifestations non bibliques agissent au nom de Jésus, ce que Mesmer n’a évidemment pas fait.

Le nom de Jésus n’est pas une protection magique. Jésus lui-même parle d’usages abusifs de son nom : des personnes qui prophétisent et chassent des démons au nom de Jésus, et ne sont même pas sauvées (Matthieu 7.22-23) !

D.  EXPÉRIENCES PERSONNELLES
1.  En 1978 je fus invité par un chrétien de Vichy à assister à un séminaire de Jean-Louis Jayet. Lorsque celui-ci proposa de prier pour les malades, un grand nombres de personnes s’avança sur le podium et moi de même, à cause d’invalidantes douleurs dorsales. Je priais les yeux fermés. Soudain je me rendis compte que lorsque Jean-Louis Jayet imposait les mains au malades, ceux-ci tombaient par terre, à la renverse, comme des mouches. Je me mis alors à prier dans mon cœur avec beaucoup de ferveur : Seigneur, je veux tout ce qui est de toi, mais ne veux rien qui ne vienne de toi.

Alors que j’était le dernier à rester debout, Jean-Louis Jayet survint par derrière, m’imposa les mains en pressant violemment sur ma tête, et pria lui, aussi, avec une grande intensité.
Il renonça finalement à vouloir me faire tomber et je retournai à ma place.
Mais mes douleurs de dos avaient disparu. Il faut admettre qu’il y avait chez cet authentique serviteur de Dieu, un mélange de vrai et de faux.
Les chrétiens séduits ont toujours le Saint Esprit, mais de temps en temps se manifestent des choses non bibliques.
Jessie Penn Lewis constate et décrit ce mélange tout au long de son livre La Guerre aux Saints,

Jacques 3.10 :  De la même bouche sortent bénédiction et malédiction. Mes frères, il ne faut pas qu’il en soit ainsi.

2. Il y a quelques années, un ami invita mon épouse Christiane et moi-même à assister à un camp de famille organisé sur son grand terrain dans les montagnes cévenoles. J’appris, à l’arrivée que je serais un des deux orateurs de la récollection. Il s’avéra rapidement que l’autre orateur, Pierre, était inféodé à la prétendue bénédiction de Toronto. Je me mis à prier intensément que je voulais tout ce qui est de Dieu, et rien qui ne soit de lui ; mais sans en dire un seul mot à qui que ce soit. Même Christiane n’en sut rien.

Peu de jours après, dans notre belle tente en flanc de montagne, Christiane et moi évoquâmes l’air maussade de Pierre et surtout le fait qu’il ne voulait plus présider ni prêcher. Nous décidâmes que j’irais de suite le voir pour clarifier la situation. Je sortis et fis moins de cinquante pas sur le délicieux sentier de montagne, lorsque je vis Pierre venir à ma rencontre :

– Bonjour Pierre ! Je suis content de te voir car je voulais justement te parler.

– Moi aussi je voulais te parler ! Oui, toi tu pries : Tout ce qui est de Dieu et rien qui ne soit de Dieu ! Dit-il d’un ton irrité.

– C’est vrai, dis-je, mais qu’y a-t-il de faux dans cette prière !
Comme s’il sortait d’un sommeil, Pierre devint soudain conscient du caractère cocasse de son reproche. Il partit sans dire un mot, mais ne présida et ne prêcha plus guère jusqu’à la fin de la récollection.
Bien des années plus tard, il fut tué par l’alcool et la drogue.

3. Mi-septembre 2016, des amis insistèrent pour que mon épouse et moi allions écouter, en Suisse, un orateur australien qui devait avoir un don de guérison. Ce don de guérison n’apparaissait pas avec évidence. Il devait quelques fois insister avant que les personnes censées être guéries, veuillent bien déclarer qu’elles se sentaient mieux.

Ce nonobstant, j’acceptais qu’il m’impose les mains. Tandis que je formulais dans mon fors intérieur ma prière favorite : Tout ce qui est de toi et rien qui ne soit de toi, il s’acharnait à vouloir me faire tomber en catalepsie. Devant le peu de succès de ses contestables efforts, il me demanda fermement d’arrêter de prier. Je lui répondis qu’il n’en était pas question, que je me protégeais. Il se détourna donc de moi et se mit à prier pour une autre personne.
Il est absolument certain que jamais, au grand jamais Dieu ne demandera à quelqu’un d’arrêter de prier au moment où il recherche une grâce de sa part.

Certains pensent que cet homme voulait simplement que je me relaxe… mais la vérité est que le diable veut pousser les chrétiens dans la passivité pour pouvoir agir plus facilement dans leur vie. Voir par exemple La Guerre aux Saints, de Jessie Penn Lewis.
En conclusion, restons à distance des milieux où se pratiquent la catalepsie et toutes les manifestations habituellement attribuées au Saint Esprit, mais dont la bible ne parle pas.

1 Corinthiens 4.6 :  …pour que vous appreniez, en nos personnes, à appliquer cette règle : « Ne pas aller au-delà de ce qui est écrit. »

Théophile Hammann

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