LA FOI DE GEORGES MULLER ET LA NÔTRE

LA FOI DE GEORGES MULLER ET LA NÔTRE

Après avoir mené une vie de patachon à Heimersleben puis à l’université Martin-Luther de Halle-Wittemberg, en Allemagne, Georges Muller (1805-1898) trouva la foi, le pardon des péchés et la délivrance de ses vices dont l’alcoolisme, dans une réunion de prière piétiste.

Dès lors il se mit à lire assidûment les Saintes Écritures et à chercher Dieu.
Installé en Angleterre, il eut à cœur de s’occuper des orphelins. Il décida de faire confiance entièrement et uniquement au Dieu des orphelins et de ne dépendre que de lui. Il ne fit jamais appel à des dons, ne fit jamais connaître ses besoins, refusa les dons de ceux qui avaient des dettes et ne fit jamais de dette lui-même. Il accueillit, nourrit et scolarisa plus de 10 000 orphelins dans son orphelinat de Bristol. Il fonda 117 écoles qui donnèrent la meilleure formation scolaire et spirituelle à environ 120 000 enfants.
Son secret ? Georges Muller était un homme humble, avec un cœur intègre et pur. Il haïssait le péché, demeurait en Christ et priait sans cesse.

Théophile Hammann

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Un pasteur demanda à Georges Muller, alors à la fin de sa vie, s’il passait beaucoup de temps dans la prière. Voici ce qu’il répondit :
«  Je prie quelques heures par jour, mais je demeure constamment dans une attitude de prière ; je prie quand je marche, je prie lorsque je suis couché et je prie lorsque je me lève. Je reçois sans cesse des réponses. Une fois persuadé qu’une demande est juste, je prie sans arrêt jusqu’à ce que je la reçoive. Je ne cesse jamais de prier ! […] Des milliers d’âmes ont été sauvées en réponse à mes prières […] J’espère en retrouver des dizaines de milliers au ciel […] La chose la plus importante est de ne pas cesser de prier avant d’avoir reçu la réponse.
J’ai passé cinquante-deux ans à prier, tous les jours, pour les deux les fils d’un ami d’enfance. Ils ne se sont pas encore convertis ; mais j’ai la ferme espérance qu’ils le feront. Comment pourrait-il en être autrement ? Il existe une promesse inébranlable de Dieu et c’est sur elle que je me repose. »

Les extraits suivants sont tirés du livre Les Héros de la Foi, de Orlando Boyer, éd. Vida.

La confiance de Georges Muller en celui qui est le Père des orphelins était telle que pas une seule fois, il ne refusa d’accueillir des enfants à l’orphelinat. Lorsqu’on lui demandait pourquoi il avait accepté cette charge, il répondait que ce n’était pas seulement pour nourrir les enfants matériellement et spirituellement, mais que « l’objectif fondamental, prioritaire de l’orphelinat a été, et est toujours, de glorifier Dieu par le fait que, confiés à mes soins, les orphelins ont été et sont toujours pourvus de tout le nécessaire, uniquement par la prière et la foi, ni moi ni mes compagnons de travail n’ayant jamais demandé quoi que ce soit à qui que ce soit ; on peut voir là que Dieu est toujours fidèle et qu’il répond à la prière. »

Comment avoir une foi plus grande ?

En réponse à ceux, nombreux, qui voulaient savoir comment le croyant pouvait acquérir une telle foi, il donnait les directives suivantes :

« 1) Lire la Bible et la méditer. On apprend à connaître Dieu par la prière et la méditation de sa Parole.
2) S’efforcer de garder un cœur intègre et une bonne conscience.
3) Si nous voulons que notre foi augmente, il ne faut pas refuser ce qui la met à l’épreuve et qui la fait grandir.
En outre, pour que notre foi soit fortifiée, il faut laisser Dieu agir pour nous à l’heure de l’épreuve et ne pas essayer de produire notre propre libération.

Si le croyant désire posséder une grande foi, il doit laisser à Dieu le temps de faire son œuvre. »

Actes de foi

Les cinq bâtiments construits en pierre de taille et situés à Ashley Hill à Bristol en Angleterre, avec leurs mille sept cents fenêtres et toute la place pour loger plus de deux mille personnes, sont des témoignages concrets de cette grande foi dont il parlait. Nous devons nous souvenir que Georges Muller luttait dans la prière pour obtenir chacun de ces dons, un par un, de la main de Dieu ; il formulait des demandes précises et avec persévérance et Dieu répondait avec la même fidélité.

Georges Muller déclara : « Maintes et maintes fois, je me suis trouvé dans des situations où je n’avais plus de recours humain. Non seulement je devais nourrir deux mille cent personnes tous les jours, mais je devais également trouver le nécessaire pour faire tourner tout le reste ; et tous les fonds étaient épuisés. Il fallait pourvoir aux besoins de cent quatre-vingt-neuf missionnaires, et il ne nous restait rien ; près de cent écoles, comptant environ neuf mille élèves, il n’y avait rien à leur donner ; près de quatre millions de tracts à distribuer et tout l’argent avait été dépensé… »

Le docteur Arthur Tappan Pierson (1837-1911) passa quelques jours à l’orphelinat de Bristol. Un soir, après que tout le monde se fut couché, Georges Muller lui demanda de venir prier avec lui parce qu’il n’y avait plus rien à manger dans la maison. Le docteur Pierson voulut lui rappeler que les magasins étaient fermés, mais Georges Muller le savait fort bien ! Après avoir prié, ils allèrent se coucher et s’endormirent et au matin, la nourriture pour les deux mille enfants était là, en abondance. Ni le docteur Pierson, ni Georges Muller ne surent jamais comment ces aliments leur étaient parvenus.
Ce matin même, quelqu’un mit M. Simon Short au courant ce qui s’était passé, après lui avoir fait promettre qu’il n’en révélerait rien jusqu’à la mort du bienfaiteur. Le Seigneur avait tiré cette personne de son sommeil et lui avait demandé de donner assez de nourriture pour garnir les garde-manger de l’orphelinat pour tout un mois. Ceci se produisit sans qu’il sache que Georges Muller et le docteur Pierson étaient au même moment en train de prier à ce sujet.

L’évangéliste Charles Inglis raconta ce qui suit à propos de Georges Muller : « Il y a trente et un ans, le capitaine du navire par lequel je me rendis en Amérique pour la première fois, était l’un des plus fervents croyants que j’aie jamais connus. Alors que nous nous approchions de Terre-Neuve, il me dit : M. Inglis, la dernière fois que je suis passé par là, il y a cinq semaines, il s’est passé une chose si extraordinaire qu’elle a changé toute ma vie de croyant. Jusqu’alors j’étais un croyant ordinaire comme il y en a beaucoup. Il y avait à bord avec nous un homme de Dieu, M. Georges Muller, de Bristol. J’avais passé vingt-deux heures sans quitter le pont de commandement un seul instant, lorsque je sursautai parce qu’on me toucha l’épaule. C’était M. Georges Muller…
– Capitaine, me dit-il, je suis venu vous dire que je dois être à Québec samedi dans la soirée.
Nous étions mercredi.
– C’est impossible, lui répondis-je.
– Très bien, si votre navire ne peut m’y amener, Dieu trouvera un autre moyen de transport. Depuis cinquante-sept ans, je n’ai jamais ni manqué ni été en retard à aucun de mes engagements, répondit M. Muller.
– Je serais très heureux de vous aider, mais que puis-je faire ? Je ne vois aucun moyen, lui dis-je.
– Entrons ici pour prier, me répondit M. Muller.
Je regardai cet homme et je me dis en moi-même : De quelle maison de fous s’est-il échappé ?
Je n’avais jamais entendu parler d’une chose pareille. Je lui dis alors :
– M. Muller, savez-vous quelle est l’épaisseur de ce brouillard ?
Il me répondit :
– Non, mes yeux ne voient pas le brouillard, ils voient le Dieu vivant qui dirige tous les événements de ma vie.
Il tomba à genoux et se mit à prier de la façon la plus simple. Je trouvais que cela ressemblait à la prière d’un enfant de huit ou neuf ans.
Il dit à peu près ceci : 0h Seigneur, si telle est ta volonté, fais disparaître ce brouillard en cinq minutes. Tu sais que j’ai promis d’être à Québec samedi. Je crois que c’est ta volonté. Lorsqu’il eut fini, je voulus prier moi aussi, mais il me mit la main sur l’épaule et me demanda de ne pas le faire, précisant :
– Premièrement, vous ne croyez pas que Dieu le fera et, deuxièmement, je crois que Dieu l’a déjà fait. Il n’est donc pas nécessaire que vous priiez dans ce but.
Je dévisageai M. Muller qui poursuivit :
– Capitaine, je connais mon Seigneur depuis cinquante-sept ans, et il n’y a pas de jour où je n’aie eu audience auprès du Roi. Levez-vous, capitaine, ouvrez la porte et constatez que le brouillard a déjà disparu.
Je me levai et en effet le brouillard avait disparu. Le samedi soir, Georges Muller était à Québec, comme il le désirait. »

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