PRIÈRE ET RÉVEILS

PRIÈRE ET RÉVEILS

« Lorsque Dieu ressent une grande miséricorde pour son peuple, il le pousse à prier. » Matthew Henry (1662-1714, commentateur biblique et pasteur presbytérien).

A. DÉFINITION D’UN RÉVEIL

Une Église normale selon le cœur de Dieu est une Église qui vit les promesses de Dieu faites à ceux qui croient. Voici quelques promesses parmi les 1 260 promesses que contient la Bible :

La vie en abondance : Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance. (Jean 10.10)
Les fleuves d’eau vive :  Le dernier jour de la fête, le jour le plus solennel, Jésus se tint devant la foule et lança à pleine voix : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et que celui qui croit en moi boive. Car, comme le dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive jailliront de lui. En disant cela, il faisait allusion à l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. (Jean 7.37-39)
Les signes qui accompagnent ceux qui croient : Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents venimeux ; s’ils boivent un breuvage mortel, celui-ci ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris. (Marc 16.16-18)
Les œuvres que Jésus a faites et même de plus grandes : En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers mon Père. Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai. (Jean 14.12-13)
Le désert transformé en jardin bien arrosé :
Ésaïe 58.11 : Ton âme sera comme un jardin arrosé, comme une source dont les eaux ne tarissent pas.
Ésaïe 35.6-7 : Des eaux jailliront dans le désert et, dans la steppe, des torrents couleront. La terre desséchée se changera en lac, et la terre altérée en sources jaillissantes. Des roseaux et des joncs croîtront dans le repaire où gîtaient les chacals.
Ésaïe 43.19-20 : J’ouvrirai un chemin à travers le désert et je ferai jaillir des fleuves dans la steppe… Je ferai jaillir de l’eau dans le désert…
Ésaïe 44.3 : Je répandrai des eaux sur le sol altéré, j’en ferai ruisseler sur une terre aride, oui, je répandrai mon Esprit sur ta postérité et ma bénédiction sur ta progéniture.
Ésaïe 51.3 : Oui, l’Éternel va consoler Sion, ses ruines lui inspireront de la compassion ; il rendra son désert comme l’Éden, la steppe comme le jardin de l’Éternel. La joie et l’allégresse y régneront, et l’on y entendra de la musique et des chants de reconnaissance.
Zacharie 10.1 : Demandez à l’Éternel la pluie, la pluie du printemps ! L’Éternel produira des éclairs, et il vous enverra une abondante pluie, Il donnera à chacun de l’herbe dans son champ.
Le Réveil consiste à vivre les promesses de Dieu ! Le Réveil est donc l’état normal de l’Église !
Le Réveil n’est pas une situation d’exception, un plus accordé par Dieu, c’est simplement vivre ce que tous les chrétiens et toutes les Églises devraient vivre en permanence.
La bible entière nous enseigne que c’est uniquement le péché qui empêche les chrétiens d’expérimenter les promesses de Dieu.
Le Réveil est l’expérience collective des promesses de Dieu. Il arrive que des hommes de Dieu aient des vies puissamment sanctifiées et réveillées, mais que le feu ne se propage pas autour d’eux. Ainsi Georges Muller (1805-1898) et Smith Wigglesworth (1859-1947) étaient des hommes de Dieu exceptionnels, mais le Réveil n’a pas éclaté dans leur région ou pays.

Quand les chrétiens et les Églises se repentent des péchés dont ils n’étaient pas conscients jusqu’alors, quand ils règlent leurs problèmes de susceptibilité, de non-pardon, d’orgueil, de jalousie, d’ambition charnelle, de critique, de convoitises secrètes… le Saint Esprit est libre d’agir, les chrétiens sont remplis de l’Esprit et le fruit de l’Esprit se manifeste avec gloire : l’amour, la joie, la paix… Les prières sont soudain exaucées. Les croyants vivent les promesses de la Parole de Dieu.
Des signes, des miracles et des prodiges se produisent quand on les demande.
Georges Muller a connu des guérisons au début de son ministère, lui-même a été guéri miraculeusement, mais il n’a pas voulu continuer ni développer ce ministère.
Devant la manifestation de la gloire de Dieu, de nombreux incroyants viennent au Seigneur.
« Les formes extérieures des Réveils diffèrent considérablement, mais leur contenu intérieur est toujours le même : une nouvelle expérience de conviction des péchés parmi les croyants ; une nouvelle vision de la croix, de Jésus et de la rédemption ; une nouvelle volonté de la part de l’homme d’être brisé, de se repentir, de confesser ses péchés et de réparer ses torts ; une expérience joyeuse de la puissance du sang de Jésus qui lave complètement les fautes, qui rétablit et guérit tout ce que le mal a détruit ; une nouvelle participation à l’abondance et à la puissance du Saint Esprit qui accomplit son propre travail par son peuple. Un Réveil, c’est simplement la vie de Jésus déversée dans les cœurs. » (Roy Hession,
1908–1992).

B. LES RÉVEILS DANS LA BIBLE

La doctrine du Réveil est une doctrine bibliquement fondée :
1. La première Pentecôte déclencha un très grand Réveil en Judée puis dans l’empire romain.
Le jour de la Pentecôte 3000 hommes furent sauvés (Actes 2.41), plus tard, ce nombre passa à 5000 (Actes 4.4), puis de grandes foules furent sauvées (Actes 5.14 ; 6.7 ; 9.31 ; 11.21 ; 12.24 ; 16.5).
Ces chrétiens ont bouleversé le monde entier (Actes 17.6).
2. Les 7 Réveils de l’Ancienne Alliance
2.1 Le clan de Jacob, Genèse 35.1-5 : Ils se purifièrent et se défirent des dieux étrangers qu’ils avaient entre les mains et des boucles qu’ils portaient aux oreilles.
2.2 Durant le règne du roi Asa, 2 Chroniques 15.1-15 : le peuple chercha l’Éternel de tout son cœur et connut sa bénédiction.
2.3 Pendant la prêtrise de Yehoyada, 2 Rois 11-12 ; 2 Chroniques 23-24 : La reine païenne Athalie fut éliminée et le peuple revint à Dieu de tout son cœur.
2.4 Durant le règne du roi Ézéchias, 2 Rois 18.1-8 ; 2 Chroniques 29-31 : Ézéchias mit sa confiance en l’Éternel et le peuple revint à Dieu, chacun de tout son cœur.
2.5 Durant le règne du roi Josias, 2 Rois 22-23 ; 2 Chroniques 34-35 : Josias purifia le pays, se repentit de ses péchés et
s’engagea à être fidèle à l’Éternel et à obéir à ses commandements, à ses lois et à ses ordonnances, de tout son cœur et de tout son être, et à appliquer toutes les clauses de l’alliance figurant dans ce livre. Le roi fit aussi prendre ce même engagement à tous les gens qui se trouvaient à Jérusalem et dans le territoire de Benjamin. Et les habitants de Jérusalem se conformèrent aux termes de l’alliance de Dieu, du Dieu de leurs ancêtres. Puis Josias fit disparaître toutes les idoles abominables dans tous les territoires appartenant aux Israélites. Il obligea tous les gens qui se trouvaient en Israël à servir l’Éternel leur Dieu. De cette manière, ils ne se détournèrent pas de l’Éternel, le Dieu de leurs ancêtres, durant toute la vie de Josias.
2.6 Durant les ministères des prophètes Aggée et Zacharie et du gouverneur Zorobabel,
Dieu leur fit grâce et leur dit :
Esdras 5-6 : Mettez-vous à l’œuvre, car je suis avec vous. Voilà ce que déclare le Seigneur des armées célestes… Et mon Esprit est présent au milieu de vous. Ne craignez rien !
2.7 Durant les ministères d’Esdras et de Néhémie,
Néhémie 9.1-6 ; 12.44-47 : Néhémie s’humilia devant Dieu, chercha la face de Dieu et le peuple le suivit.
Les prêtres et les lévites accomplirent les rites de purification, tant pour eux-mêmes que pour le peuple, pour les portes et pour la muraille.

Ces Réveils éclatèrent durant des périodes sombres de l’histoire d’Israël. Ils étaient tous fondés sur la Parole de Dieu, ils amenèrent le peuple à se défaire de leurs idoles, à renoncer à leurs péchés, à obéir aux commandement de Dieu, et furent tous suivis d’une période bénie de prospérité économique et spirituelle du peuple.

C. LE RÉVEIL MORAVE

Nicolas Louis, comte de Zinzendorf (1700–1760) accueillit sur ses terres de Saxe de nombreux chrétiens persécutés : des frères moraves (la Moravie se trouve actuellement en République Tchèque), des Luthériens, des baptistes…
Cette communauté était ravagée par des disputes théologiques sur la prédestination, la sanctification, le baptême…
Le comte de Zinzendorf en fut affligé, il prêcha l’unité, mais surtout pria intensément pour la paix. Il était un homme de prière. Adolescent, il fut à l’origine de 7 groupes de prière au collège de la ville de Halle
an der Saale.  

Le mercredi 16 juillet 1727 il répandit son cœur devant Dieu, versant d’abondantes larmes. Le Saint Esprit agit alors avec puissance, et toute la communauté se mit à implorer le Seigneur avec ferveur.
Le mardi 22 juillet 1727 un grand nombre de personnes décidèrent de se rencontrer régulièrement pour la prière et la louange dans les maisons des uns et des autres.
 Le mardi 5 août 1727 le comte de Zinzendorf et une douzaine de personnes passèrent toute la nuit en prière.
Le dimanche 10 août 1727 :  « A midi environ, le dimanche 10 août 1727, pendant que le pasteur Rothe conduisait une réunion, il se sentit submergé par la puissance merveilleuse et irrésistible du Seigneur et s’effondra dans la poussière devant Dieu. Toute l’assemblée fit comme lui, dans des sentiments d’une intensité inexprimable. Ils continuèrent ainsi jusqu’à minuit, priant, chantant dans les pleurs et les supplications. » (John Greenfield : Power from on High, p. 24 (traduit des souvenirs de l’Église morave renouvelée).
Le mercredi 13 août 1727 : Le Saint Esprit descendit sur toute la communauté, d’innombrables prières furent exaucées, les pleurs de repentance et de joie de mêlèrent… C’était le Réveil.
Le mardi 26 août 1727 : 24 hommes et 24 femmes décidèrent de commencer une prière ininterrompue, chacun priant pendant une heure.
Le mercredi 27 août 1727 : Au total 77 chrétiens s’engagèrent à participer à la prière continue, jour et nuit. Cette prière ininterrompue a duré plus d’un siècle !
C’est au courant de ce fameux mois d’août 1727 que la communauté se donna le nom de Herrnhut (Protection du Seigneur).
Les enfants aussi se mirent à prier et à consacrer chacun sa vie au Seigneur.
La vie de prière des moraves de Herrnhut bouleversa une partie du christianisme germanique et anglo-saxon.
John Wesley (1703-1791), le père du méthodisme, se convertit et apprit à prier au contact des frères moraves. Le pasteur Anglican Georges Whitefield (1714-1770) apprit également à prier au contact des frères moraves. Par exemple :
« Whitefield a commencé la nouvelle année 1739 aussi glorieusement qu’il a fini celle qui venait d’expirer… Il a participé à une fête fraternelle morave à Fetter Lane où il a passé la nuit entière en prière, chantant des psaumes et exprimant sa reconnaissance… »
Ont assisté à cette fête fraternelle de Fetter Lane : Soixante moraves et sept méthodistes d’Oxford : John et Charles Wesley, Georges Whitefield, Wesley Hall, Benjamin Ingham, Charles Kinchin et Rixhards Hitchins, tous des hommes du clergé ordonnés par l’Église Anglicane. John Wesley témoigne :
« Vers trois heures du matin, alors que nous continuions dans la prière, la puissance de Dieu est descendue tellement puissamment sur nous que beaucoup ont pleuré d’une joie débordante et plusieurs se sont effondrés. Dès que nous nous sommes remis un peu de cette crainte et de cet émerveillement devant la présence de sa Majesté, nous nous sommes écriés d’une seule voix : — Nous te louons, ô Dieu ; nous t’acclamons comme notre Seigneur ! »
En 25 ans plus de cent missionnaires partirent de Herrnhut pour évangéliser le monde.

C. LE RÉVEIL DE LA FIN DU 18è SIÈCLE

L’Occident rejetait le christianisme
A la fin du 18è siècle le christianisme était rejeté partout en Europe et en Amérique du Nord.
La France connût sa terrible révolution antichrétienne ; la philosophie des Lumières des intellectuels du 18è siècle est une philosophie théiste, déiste ou athée.
En Angleterre il ne restait du Réveil méthodiste que des cendres froides. On lançait des pierres aux chrétiens et à leurs pasteurs qui confessaient Jésus-Christ.
Aux États Unis 6 % de la population étaient des alcooliques. La criminalité augmentait d’une manière dramatique, les Églises étaient vides, les pasteurs se lamentaient pour n’avoir pas amené une seule âme au Seigneur en 10 ou 20 ans. Découragé, l’évêque épiscopalien de New York, Samuel Provost démissionna pour exercer un métier. John Marshall, le ministre de la justice des États Unis, écrivit à James Madison, l’évêque de Virginie : « L’Église est en ruines et ne s’en remettra plus ».
Des banques étaient braquées chaque jour. Dans les universités règnait un esprit vulgaire, provocateur et anti-Dieu. On y brûlait des Bibles !
Il semblait que Satan était sur le point d’éradiquer la foi sur la terre, comme d’ailleurs de nos jours.

Dieu suscita la prière
Vers 1740, John Erskine, un pasteur écossais presbytérien d’Édimbourg publia une brochure dans laquelle il suppliait les chrétiens de crier à Dieu, d’implorer son pardon et sa grâce afin qu’il écoute du haut du ciel, qu’il pardonne les péchés et guérisse le pays. Pendant 40 ans John Erskine écrivait à des croyants et des Églises du monde entier, les adjurant de prier, leur expliquant la nécessité de la prière et fortifiant leur foi en un Dieu compatissant qui exauce les prières. Comme de nos jours, certains ne comprirent pas, mais d’innombrables se mirent à crier à Dieu de toutes leurs forces.
John Erskine envoya son livret à Jonathan Edwards (1703-1758), un pasteur révivaliste, et un grand théologien qui devint en 1758 le Président de l’Université de Princeton.
Jonathan Edwards fut bouleversé par la lecture de la plaidoirie en faveur de la prière de John Erskine et rédigea un livre intitulé :

Un humble essai pour promouvoir un accord explicite et une unité visible de tout le peuple de Dieu dans une prière extraordinaire pour le renouveau de la religion et l’avancement de Royaume du Christ sur la terre, conformément aux promesses et aux prophéties des Écritures.
En Angleterre le mouvement de prière était soutenu par trois hommes de Dieu :
William Carey (1761-1834), un petit cordonnier qui devint un grand linguiste et le père des Missions modernes,
• Andrew Fuller (1754-1815), un pasteur baptiste et un homme de foi et de prière,
• John Sutcliffe, un homme de foi et de prière
Ils donnèrent naissance, en Angleterre à l’Union de Prière.
Aux États Unis, Isaac Backus, un pasteur baptiste, envoya en 1794 un puissant appel à la prière en faveur du Réveil à tous les pasteurs de toutes les dénominations.
Dieu envoya son Esprit
Dieu entendit ces prières et des Réveils éclatèrent un peu partout aux États-Unis et en Europe.
• A
vant
le Noël de l’an 1781 des croyants crièrent à Dieu dans l’Église St-Just de Cornouailles. A 3 heures du matin le Saint Esprit descendit sur le peuple en prière. Ils continuèrent à prier jusqu’à 21 heures, puis se retrouvèrent encore le soir de Noël.
La vie de Christ se répandit dans la région. Les Églises étaient bondées. La quasi totalité d’entre elles, y compris l’Église Anglicane, organisèrent des nuits de prière pour promouvoir le Réveil.
Deux ans plus tard, en 1784, John Wesley déclara : « Tout ce pays est en feu et les flammes se répandent de village en village. »
Les réunions de prière se multiplièrent partout, et Dieu s’y manifestait avec puissance. D’innombrables personnes s’y convertissaient. Ces réunions de prières duraient souvent jusqu’à minuit, et très fréquemment toute la nuit.
Le Seigneur parlait aux incroyants par des songes et des visions. Les personnes mal intentionnées qui venaient pour se moquer de Dieu, étaient projetées à terre devant la majesté de divine. Le nombres de croyants des Églises était généralement multiplié par 3 ou 4 !
Le Saint Esprit souffla sur les États Unis et atteignit le Kentucky ; mais au Kentucky, le banditisme, la criminalité étaient tellement répandus que les gens se défendaient et se rendaient justice eux-même ; il n’y avait plus eu de jugement par un tribunal depuis 5 ans. Ce sont les hors-la-loi qui règnaient sur l’État.
Un pasteur écrivit dans son journal intime que durant
la plus grande partie de l’hiver 1799 on entendit « les pleurs et les lamentations venant du peuple de Dieu ».
Alors, durant l’été de l’année 1800, le grand réveil de Kentucky éclata suite à la prière fervente du peule de Dieu. Onze mille personnes participèrent à la Sainte Cène !
De ce Réveil sont issus les plus grandes sociétés missionnaires, le mouvement pour l’abolition de l’esclavage (proclamée en 1807), l’éducation de masse, les Sociétés Bibliques, les écoles du dimanche et un grand nombre d’acquis sociaux. Ashley Cooper le 7è comte de Shaftesbury, mit un terme aux 16 heures de travail des ouvriers, 7 jours sur 7, cherchait à arrêter l’exploitation des femmes et des enfants dans les mines de charbon, et l’asphyxie des enfants qui travaillaient comme ramoneurs des cheminées. Il créa des parcs publics, des gymnases, des jardins, des bibliothèques publiques, des écoles du soir et des sociétés de chant.
La société changea d’une manière radicale, essentiellement parce que
John Erskine avait prié et lutté pendant 40 ans pour que les chrétiens apprennent à prier !

D. LE RÉVEIL A NEW YORK, 1858-1860

James Edwin Orr (1912-1987), le plus connu des historiens des Réveils, écrit :
« Au mois de septembre 1857, un homme de prière, Jeremiah Lanphier, démarra une réunion de prière pour les hommes d’affaires dans la chambre haute de l’église réformée néerlandaise à Manhattan. Sur une population d’un million de personnes, six répondirent à ses petites annonces. Mais la semaine d’après, ils étaient quatorze, ensuite vingt-trois, et on décida de se réunir tous les jours pour la prière. A la fin de l’hiver, l’église réformée néerlandaise était bondée, et ensuite ce fut au tour de l’église méthodiste de la rue John Street, puis l’église épiscopale sur Broadway à Wall Street. Aux mois de février et mars 1858, toutes les églises et tous les bâtiments municipaux du centre de New York étaient remplis… Ensuite un torrent de prière fit irruption, qui débordait sur les églises le soir. Les gens commençaient à se convertir, dix mille chaque semaine dans la seule ville de New York. Le mouvement se répandit rapidement à travers la Nouvelle Angleterre, les cloches des églises appelant les gens à la prière dès huit heures le matin, puis encore à midi et à six heures du soir…  Plus d’un million de personnes se convertirent à Dieu en une année, sur une population de trente millions.
Après cela, ce même réveil franchit l’Atlantique, se manifestant en Irlande du Nord, en Écosse et au Pays de Galles ; puis en Angleterre, dans certains endroits en Europe, en Afrique du Sud et dans le sud de l’Inde, bref, un peu partout où il y avait des églises évangéliques. Il déclencha l’envoi de missionnaires pionniers dans de nombreux pays. Les effets se firent ressentir pendant quarante ans. Ayant commencé par un mouvement de prière, il était soutenu également par un mouvement de prière. »
Mais l’Irlande (l’Ulster) résista, elle était« dure comme une noix. »

E. LE RÉVEIL D’ULSTER (IRLANDE), 1859

James Mc Quilkan fut touché par les récits des Réveils aux États Unis. Il s’associa alors trois garçons de l’École Kells et, à partir du 14 mars 1859, commença à prier pour le Réveil. D’autres groupes de prière naquirent et le 21 septembre 1859, 20 000 personnes se rencontrèrent pour prier pour l’Irlande. Durant cette année 100 000 personnes furent ajoutées aux Églises.
D
e très nombreux groupes de prière surgirent en Irlande. L’Esprit de Dieu suscitait dans les petits et grands rassemblements une profonde conviction de péché, et une sincère repentance. Les chrétiens se prosternaient souvent longuement, sous la conviction de péché.
Les couples et les familles étaient restaurés, la criminalité disparaissait du pays. Le pays entier était guéri !

Ce Réveil gagna le Pays de Galles (100 000 conversions), l’Écosse, et l’Angleterre. Les chrétiens éprouvaient un bonheur indescriptible à prier, louer, intercéder.

F . LE RÉVEIL AU PAYS DE GALLE, 1904

Ce Réveil est bien connu, je serai donc bref.
Citons encore James Edwin Orr :
« Ce dernier mouvement dura une génération, mais au début du vingtième siècle il y avait besoin encore d’un nouveau réveil. Un mouvement généralisé de prière démarra, des réunions de prières spécifiques eurent lieu à l’Institut Biblique Moody, aux Conventions Keswick en Angleterre, et dans des endroits aussi éloignés que Melbourne, Wonsan en Corée, et dans les collines de Nilgiri en Inde. Ainsi des croyants à travers le monde entier priaient pour qu’il y eût encore un grand Réveil, au vingtième siècle. »
L’homme que Dieu utilisa est Evan Roberts. Il avait 26 ans quand le Réveil commença au Pays de Galle.
Un journaliste qui assista à une réunion écrivit :
« L’étrange rencontre dure jusqu’à 4 heures du matin et même à ce moment-là, les gens ne semblent pas vouloir rentrer chez eux. Ce n’est pas un rassemblement ordinaire. Quand on n’y a pas participé, c’est indescriptible et quand on y participe, c’est ineffable. »
En fait les rencontres duraient habituellement de 10 heures du matin jusqu’à minuit.
Evan Roberts priait plus qu’il ne prêchait. A Neath il ne quittait pas sa chambre pendant une semaine, priant avec gémissements et larmes. Ces réunions se caractérisaient par beaucoup de chants appris par cœur (il n’y avait pas de livres de cantiques), des témoignages et les prières.
Environ 100 000 personnes sont gagnées à Christ, en moins de 5 mois.

Ce Réveil eut un grand impact social : les juges et les policiers étaient désœuvrés, les alcooliques délivrés et les bistrots fermés… Les policiers mirent sur pied quatre quatuors qui interprétaient des cantiques dans les Églises ! Le nombre des naissances hors mariage chuta brutalement un an après le début du Réveil.
« Le réveil balaie la Grande Bretagne, la Scandinavie, l’Allemagne, l’Amérique du Nord, le Brésil, le Mexique, et le Chili. Comme toujours, il a commencé par un mouvement de prière. »  (James Edwin Orr)
Dès 1905 un puissant esprit de prière, de supplication et de reconnaissance se répandit sur l’Institut Biblique Dwight Moody de Chicago, les Conventions de Keswick au Nord-Ouest de l’Angleterre, sur les villes de Melbourne en Australie, Wonsan en Corée et Nilgiri Hills en Inde. A l’Université de Yale, un quart des étudiant faisait partie de groupes de prière.
A Portland, en Oregon, 240 patrons fermaient chaque jour leurs magasins et entreprises entre 11 h et 14 h pour permettre à leurs employés de participer aux réunions de prière.
Un peu partout, les réunions de prière duraient jusque tard dans la nuit ou jusqu’au matin !

G. LES ÎLES HÉBRIDES, 1949

Pour un petit nombre de chrétiens le niveau moral des Hébrides, notamment de la jeunesse, était un grand sujet de préoccupation :
« U
n groupe de jeunes gens, avec leur pasteur décidèrent de se réunir dans une grange, pressés par le désir de se mettre en règle avec Dieu, le suppliant de révéler sa puissance à ses enfants. Des mois durant ils persévérèrent dans la prière ; ils y consacrèrent des nuits entières, chaque semaine, à genoux, sur la paille, résolus à ne pas lâcher prise jusqu’à ce que Dieu réponde. »
Parallèlement deux sœurs âgées priaient avec ferveur pour ces îles :
« Dans une petite maison au bord de la route dans le village de Barvas, vivaient deux femmes âgées, Peggy et Christine Smith. Elles avaient respectivement 84 et 82 ans. Peggy était aveugle et sa sœur avait le dos pratiquement courbé en deux à cause d’une arthrite. Comme il leur était impossible d’assister à des cultes publics, leur humble maison devint un sanctuaire où elles rencontraient Dieu. La promesse suivante leur fur donnée : « Je déverserai de l’eau sur celui qui a soif et qui habite une terre desséchée. ». Elles priaient cette promesse dans la supplication jour et nuit. » (Davis Smithers)
«  Une certaine nuit, raconta l’une d’elles, un tel fardeau pesait sur nous, que nous savions que Dieu allait répondre. Ne pouvant pas dormir, nous priâmes jusqu’au matin. Pendant ces longues heures, Satan essaya de nous décourager et d’interrompre nos prières. Je le repoussai énergiquement au nom du Seigneur et plaçai le sang de Jésus entre lui et moi. Il s’enfuit, battu, et je sus que le réveil était là. » (Jacques 4.7 ; Apocalypse 12.11).
Dieu avait demandé à ces deux sœurs d’inviter l’évangéliste Duncan Campbell (1898-1972). Durant la première réunion rien de spécial ne se passa :
«  La première réunion ne présenta rien de particulier. Le chant fut satisfaisant, une certaine liberté se manifesta dans la prière en commun, ce fut tout. À la fin de la rencontre, un homme s’approcha de Campbell ; c’était un de ceux qui avaient prié dans la grange :
– Ne vous découragez pas ! dit-il, le Réveil vient, j’entends déjà le bruit des chariots de Dieu. Là-dessus, il proposa de passer la nuit en prière dans une maison voisine.
« Nous étions une trentaine, raconte Campbell, pour demander l’intervention de notre Dieu. À 3 heures du matin, l’Esprit du Seigneur descendit sur l’assemblée. Je les vois encore, ces hommes et ces femmes terrassés. Nous savions alors que Dieu s’était rendu maître de la situation et avait repoussé les puissances des ténèbres afin que des âmes puissent être libérées. Lorsque nous quittâmes la maison, nous constatâmes que l’Esprit de Dieu était partout à l’œuvre. Chaque maison était encore éclairée, les gens n’arrivaient pas à dormir. Partout il y avait des hommes dans l’angoisse, cherchant Dieu. Dans la rue, j’en rencontrai trois, prosternés devant le Seigneur, invoquant son pardon ».
Rien d’étonnant à ce que, le soir suivant, l’église fût pleine lorsque Campbell y entra. Un grand nombre d’autocars étaient arrivés dans la journée de toutes les parties de l’île. Une camionnette de boucher amena sept hommes d’une distance de vingt-cinq kilomètres environ. Cette même nuit, ils se convertirent tous les sept. Qui les avait appelés ? Dieu a ses moyens propres et merveilleux pour attirer les hommes à lui. L’Esprit œuvrait puissamment, convainquant les hommes de péché, de sorte qu’ils criaient à Dieu pour obtenir grâce. Lorsque, tôt le matin, Campbell quitta l’église, un messager lui apprit qu’à l’autre extrémité de la localité, des gens étaient saisis d’une grande détresse morale. Il se hâta d’y aller. Sous le ciel étoilé, des hommes et des femmes, qui n’avaient pas assisté à la réunion, étaient agenouillés au bord du chemin, cherchant la paix avec Dieu. Une œuvre profonde avait commencé.
« Cela continua ainsi, écrivit Campbell, pendant cinq semaines. Dans une église, il y avait une réunion à dix-neuf heures, dans une autre à vingt-deux heures, et dans une troisième à minuit ; après cela, je me rendais de nouveau dans la première Église, d’où je sortais habituellement vers cinq ou six heures du matin, fatigué, mais rempli de joie de me savoir engagé dans un tel mouvement de l’Esprit de Dieu. Je restai cinq semaines à Barvas. Ensuite le feu gagna les localités voisines et se propagea jusqu’aux régions les plus éloignées. »
Ce Réveil se propageait de lieu en lieu, nettoyant les cœurs, les familles, les villages.
Dieu était glorifié.
La négligence dans la prière entraîne la tiédeur des Églises et des chrétiens, l’amour du monde et l’absence de conversions. La prière de repentance, l’intercession en faveur des Églises, les supplications persévérantes en faveur des villes et du pays ouvrent le ciel et brisent le joug de Satan sur les familles, les cités et les nations.
Th. H.

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