Romains 8.1-11 : LA VIE DANS L’ ESPRIT

Dans les chapitres 1 à 7, Paul mentionne une seule fois, en 5.5, le St Esprit. Dans le chapitre 8, il le mentionne 19 fois. 

Après avoir démontré que nous sommes  morts au péchés, ensevelis avec Christ en sa mort, ressuscités avec lui et assis avec lui dans les lieux célestes (Rm 6), et morts à la Loi (Rm 7), Paul explique le rôle du St Esprit dans la vie du croyant et la marche dans l’Esprit.
Le chapitre 6 est une réponse à des questions des chrétiens de Rome sur le mésusage de la grâce et le chapitre 7 semble être une réponse à des questions sur le rôle de la Loi dans la vie du croyant. 

Nous savons certainement beaucoup de choses à ce sujet. Mon but n’est pas d’ajouter des connaissances aux connaissances, mais de nous aider à vivre quotidiennement ces merveilleuses vérités. 

Soit nous sommes conduits par la chair, le vieil homme, la nature adamique, soit nous sommes dirigés par l’Esprit. Nous sommes branchés sur la prise de la mort ou sur la prise de la vie. Il n’y a pas d’autre solution. Celui qui se confie en lui-même, en ses capacités humaines pour devenir meilleur ou vivre la vie chrétienne, se place sous la Loi et marche selon la chair : 

Ga 5.16-17 : Voici donc ce que je dis : marchez par l’Esprit et vous n’accomplirez pas les désirs de votre nature propre.En effet, la nature humaine a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit a des désirs contraires à ceux de la nature humaine. Ils sont opposés entre eux, de sorte que vous vous ne pouvez pas être votre propre maître (vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez).   

Il est donc absolument impératif, pour le croyant, d’être conduit par le St Esprit ! 

Certains chrétiens ont peur du St Esprit parce qu’ils ne le connaissent pas, ou peut-être à cause des conséquences éternelles du blasphème contre le St Esprit, et ne collaborent donc pas avec lui. 

Pour être des vainqueurs, nous devons honorer le St Esprit, l’aimer et apprendre à compter sur lui en toutes choses. Il est la 3e Personne de la Tri-Unité, envoyée par Dieu et par Jésus-Christ pour nous donner la plénitude de la vie, de la force, de la victoire, de la sainteté… 

 

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 L’ESPRIT, PRINCIPE DE JUSTICE ET DE VIE 

 

Rm 8.1 : Il n’y a donc maintenant plus de condamnation pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ. 

La conjonction donc marque la conclusion des réponses aux objections des chapitres 6 et 7, et  d’une démonstration suspendue en
Rm 5.16,18 : En effet, le jugement intervenant à cause d’un seul homme a entraîné la condamnation, mais le don de grâce, intervenant à la suite de nombreuses fautes, a conduit à l’acquittement…  Ainsi donc, comme une seule faute a entraîné la condamnation de tous les hommes, un seul acte satisfaisant à la justice a obtenu pour tous les hommes l’acquittement qui leur assure la vie. 
 

Ceux qui sont en  Jésus-Christ :
Tous les vrais croyants ont été placés, plongés, immergés en Jésus-Christ, par le Baptême du St Esprit, au moment de la nouvelle naissance. Ils sont devenus une même plante avec lui (6.5). C’est le sens, la signification du baptême d’eau.
Ceux qui ont reçu Jésus-Christ comme leur Sauveur, ceux qui sont nés de nouveau ont été unis à lui, intégrés en lui et sont devenus membres de son corps. Le Nouveau Testament déclare une centaine de fois que les croyants sont en Christ ! 

La condamnation c’est la punition, le châtiment qui suit le verdict de culpabilité.
Nous ne sommes pas châtiés, parce que Christ a pris notre juste châtiment sur lui : 

És 53. 5 : Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui.

En Christ, nous ne sommes plus coupables, nous pouvons avoir une bonne conscience !
 

8.2 :  En effet, la loi de l’Esprit qui donne la vie en Jésus-Christ m’a libéré de la loi du péché et de la mort…

a)  Le péché est responsable de notre séparation d’avec Dieu, c’est-à-dire de notre mort spirituelle. Après la mort physique, cette mort devient éternelle.
La loi terrible du péché et de la mort est le plus grand drame de l’humanité : chaque être humain est assujetti à cette loi du péché, elle est universelle et il n’y a en l’homme rien qui puisse le faire échapper à l’emprise de cette loi. Tous pèchent inexorablement… 

b)  Paul parle de deux lois, l’une peut l’emporter sur l’autre. A cause de la loi de la pesanteur, à laquelle aucun objet physique ne peut échapper, une masse comme celle d’un avion, ne s’élève pas en l’air toute seul. Mais quand l’avion est en mouvement, le profil de l’aile induit un mouvement de l’air vers le bas et donc une portance. La loi de la pesanteur est contrecarrée par une loi de l’aérodynamique qui permet à l’avion le plus lourd de s’élever dans l’air et de voler jusqu’à épuisement du kérosène.

Nous aussi, nous sommes au bénéfice d’un souffle pour nous propulser vers le haut, vers la victoire, la vraie vie… et c’est le souffle de l’Esprit !

c)  La guerre à outrance entre la chair et l’Esprit durera jusqu’à notre mort, mais si le St Esprit est en contrôle de notre vie, nous pouvons vivre dans la victoire.

Il faut éployer les ailes de la foi et laisser le souffle de l’Esprit nous soulever : il faut renoncer totalement à vouloir nous améliorer et faire confiance à l’action du St Esprit pour réaliser tout ce que nous ne pouvons pas faire.

d)  L’Esprit est appelé Esprit de vie ou l’Esprit qui donne la vie (zoé ≠ bios) : Nous voulons vivre et non végéter, nous avons soif de vraie vie, de la vie de Dieu ; le St Esprit nous la communique parce qu’il est l’Esprit de vie !
Nous voulons obéir aux commandements de Dieu, mais le barycentre de la vie chrétienne c’est la présence de l’Esprit de vie et de la puissante et glorieuse vie de résurrection de Christ en nous, et non pas une obéissance à la loi pointilleuse, maniaque et inquiète.
Certains arbres de l’ordre des Fagales, tels que les chênes, les hêtres, les charmes, les châtaigniers… conservent leurs feuilles mortes tout l’hiver. C’est la marcescence. Les fleurs de bruyères, les bractées florales des hortensias et les pétales des Dombeyas sont également marcescents. 
Il n’est pas possible, ni nécessaire d’arracher ces pièces végétales mortes. La poussée vitale de la sève, au printemps, les fait toutes tomber.
Ainsi en est-il de nos péchés ! La vie de l’Esprit en nous, nous délivre de tous nos péchés.
Prenons conscience de l’action toute-puissante du Saint Esprit en nous pour nous affranchir de tout ce qui déplaît à Dieu, et accueillons-la avec foi. 

e)  …m’a libéré  : le temps utilisé exprime une action accomplie, néanmoins nous devons quotidiennement coopérer avec le Saint Esprit pour demeurer dans la liberté.

8.3 : LSG : Car, chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché,  

8.3 : SEM : Car ce que la Loi était incapable de faire, parce que l’état de l’homme la rendait impuissante, Dieu l’a fait : il a envoyé son propre Fils avec une nature semblable à celle des hommes pécheurs et, pour régler le problème du péché, il a exécuté sur cet homme la sanction qu’encourt le péché. 

8.3 : SG21 : car ce qui était impossible à la loi parce que la nature humaine la rendait impuissante, Dieu l’a fait : il a condamné le péché dans la nature humaine en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une nature semblable à celle de l’homme pécheur.
 

a) Qu’est ce que la chair (sarx) ?  i) Au sens premier, c’est la substance matérielle du corps.
Le Seigneur ressuscité dit à ses disciples : Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi ; touchez-moi et voyez : un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai (Lc 24.39). 

Paul déclare aux chrétiens de Colosse : Même si je suis absent de chair, je suis à vos côtés en esprit (Col 2.5).
ii)  Dans de nombreux versets la chair désigne la nature humaine déchue dont l’intellect, l’affectivité et la volonté sont contrôlés, non par l’Esprit Saint, mais par le péché.
C’est le sens que le mot chair a dans ce verset.  

Pour certains la chair est un principe. Mais depuis 20 siècles l’Église admet que les substantifs chair ou vieil homme désignent la nature corrompue héritée d’Adam. 

Naturellement, cette corruption se manifeste dans et par le corps ( soma ).
C’est pourquoi le mot chair désigne souvent l’être humain tout entier : 

Rm 7.18 : Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien.
Paul affirme que son moi, c’est la chair.

b) L’apôtre dit que Christ est venu dans une chair semblable à celle du péché. Il est né avec un corps semblable au nôtre, hormis le péché.
Jn14 : La Parole a été faite chair.
Jésus était physiquement et psychiquement vraiment homme. Il n’était pas un ange, ni un surhomme, il était réellement humain, mais sans connaître le péché.
Jésus a connu les limitations et contraintes de notre vie physique : la fatigue, le besoin de nourriture, la faim et la soif, le besoin de sommeil, les tentations que nous connaissons mais sans jamais leur céder… 

Naturellement il n’a jamais cessé d’être pleinement Dieu.

c)  Ce qui était impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force
Il est impossible à la loi de nous sanctifier ! La loi révèle les exigences parfaites de Dieu pour nous, mais elle ne nous aide pas à les satisfaire. Le vieil homme ou la chair, nous empêche d’obéir aux saints commandements de Dieu. A cause de nos échecs, la loi nous condamne. 

La chair ne peut pas se soumettre à la Loi de Dieu, Rm 8.7
Jr 13.23 :  Un Éthiopien peut-il changer sa peau, et un léopard ses taches ? De même, pourriez-vous faire le bien, vous qui êtes habitués à faire le mal ?
La chair est irréversiblement corrompue. Elle ne peut être améliorée. Elle doit mourir.
De même qu’on peut dresser un tigre, mais non le transformer en agneau, on peut aussi rendre la chair religieuse, dévote, tartuffarde, mais on ne peut pas la rendre sainte et agréable à Dieu. La chair est éternellement incurable.

Le Saint Esprit en nous subjugue la chair et la rend impuissante, mais elle n’est pas éradiquée de nos vies. Il est toujours possible à un chrétien de retomber sous l’emprise de la chair et de pécher. 

Cette impossibilité absolue pour la chair de produire ce qui est bon, juste, pur et selon Dieu, est un immense drame humain ! C’est le plus grand, vrai problème de l’humanité.
Les plus belles morales et toutes les religions du monde ne servent à rien. Soit les humains deviennent complices du péché en eux, soit ils se transforment en hypocrites.
L’Esprit de Dieu, seul, peut changer le cœur humain.

d) Dieu l’a fait !

La puissance du péché en nous est brisée par Dieu lui-même ! C’est un fait accompli ! Gloire à Dieu !  

Dieu a condamné le péché en nous, en livrant son Fils à la mort. Condamné a ici le sens de puni, brisé, réduit à l’impuissance, vaincu. Et Dieu l’a ( déjà ) fait  !
Non seulement Dieu a exécuté sur Jésus la sanction qu’encourt notre péché, mais il a brisé en nous la domination du péché, il a crucifié notre chair. 

Le croyons-nous ?  

Christ est mort pour nous, à notre place. Il s’est écrié : tout est accompli !  

e) Prions : Seigneur, je crois que mon vieil homme est mort avec toi, que ma chair a été crucifiée, que la puissance du péché est brisée en moi, dans mon âme, dans mon corps. Je crois que le Saint Esprit en moi me libère de l’emprise et de la domination du péché. La loi glorieuse de l’Esprit qui donne la vie m’a affranchi de la terrible loi du péché et de la mort. J’ai la vie de Christ, je suis libre en lui. Je suis libre de tout ce contre quoi je luttais. Dieu l’a fait pour moi et en moi !
 

8.4 : Ainsi, la justice réclamée par la loi est accomplie en nous qui vivons non conformément à notre nature propre, mais conformément à l’Esprit.  

Grec: afin que la juste ordonnance de la loi  (tout ce que la loi ordonne, avec justice)fut accomplie en nous, qui marchons non selon la chair, mais selon l’Esprit. 
 a) Qui est désigné par le pronom personnel nous ?  S’agit-il de tous les chrétiens par opposition aux incroyants ? Ou bien des croyants qui marchent selon l’Esprit, par opposition aux croyants qui marchent selon la chair ?

b)  Dieu ne dit pas : puisque vous êtes incapables d’obéir à ma loi de sainteté, eh bien, je vous en dispense ; ou bien : je vous rejette !
Non ! Il envoie son Esprit pour accomplir cette loi en nous ! C’est cela la grâce !
L’obéissance à la Loi ne peut être réalisée par nous, alors le saint Esprit la réalise en nous, pour nous !
« La grâce a été donnée pour que la loi pût être accomplie » (Augustin d’Hippone, 354-430).
«  Car ainsi la perfection que la Loi requiert, a été accomplie et présentée en notre chair, afin que sa rigueur n’ait plus lieu de nous condamner ». ( Jean Calvin, 1509-1564, Commentaire de l’Épître aux Romains ).

c)  Le croyant a une responsabilité dans le processus qui le rend capable d’obéir aux commandements de Dieu : il doit être dans l’Esprit et non pas en lui-même, il doit marcher ou vivre selon l’Esprit Saint, il doit laisser à l’Esprit une entière liberté d’action, donc aussi le contrôle de sa vie, de sa volonté, de ses pensées et de ses sentiments.
Il doit être branché sur la prise de l’Esprit de vie en Jésus-Christ et non sur la prise du péché et de la mort :

Rm 8.13 : si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez.
Ga 5.16 : Voici donc ce que je dis : marchez par l’Esprit et vous n’accomplirez pas les désirs de votre nature propre. 

Ga 5.24-25 :  Ceux qui sont à Jésus Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. 

Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. 

Nous savons quand nous marchons selon la chair et quand nous marchons selon l’Esprit.
La vie dans l’Esprit est caractérisée par une grande liberté intérieure, par la paix et la joie du Saint Esprit :
Rm 8.6 :  ce à quoi tend l’Esprit conduit à la vie et à la paix.

Pour passer de la chair à l’Esprit, une repentance est souvent nécessaire ainsi qu’une proclamation de foi de notre mort avec Christ, de la crucifixion de notre chair, et de notre mort au régime de la Loi de Moïse (Rm 6 et 7).
Quand le St Esprit prend le contrôle de notre vie intérieure, de notre psychisme, de nos pensées, paroles et actes, le « moi », l’ego est détrôné et Jésus-Christ prend sa place !
Ga 2.20 : J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi…

d)  Ce verset Rm 8.4 est la réalisation de plusieurs prophéties de l’Ancien testament : 

Jr 31.33-34 : Mais voici quelle alliance je vais conclure avec le peuple d’Israël : Après ces jours, déclare l’Éternel, je placerai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes, je la graverai dans leur cœur ; moi, je serai leur Dieu, eux, ils seront mon peuple… car je pardonnerai leurs fautes, je ne tiendrai plus compte de leur péché. 

Ez 36.36-37 : Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair.Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois.

e)  Ces promesses sont fantastiques, inouïes, glorieuses ! Ici gît la solution à nos horribles et vains combats contre le péché en nous ! C’est le Saint Esprit qui met en nous la parfaite sainteté de Christ ! Collaborons avec lui, en marchant sciemment selon l’Esprit.
Recevons maintenant ces grâces dans notre cœur. Par la foi, prenons ces victoires pour nous !
Alléluia, par le Saint Esprit en nous toute victoire est possible.
 

8.5 : LSG & Bible Annotée : Ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s’affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l’Esprit s’affectionnent aux choses de l’Esprit.  

8.5 : TOB : En effet, sois l’empire de la chair, on tend à ce qui est charnel, mais sous l’empire de l’Esprit, on tend à ce qui est spirituel. 

8.5 : BFC :  En effet, ceux qui vivent selon leur propre nature se préoccupent de ses désirs ; mais ceux qui vivent selon l’Esprit Saint se préoccupent des désirs de l’Esprit.   

 a)  Dans la cuisine d’un chalet que je connais, se trouvent deux robinets : l’un fournit une eau, souvent polluée, d’une citerne qui recueille l’eau de pluie, l’autre laisse couler une délicieuse eau de source de montagne. Les occupants du chalet ont le choix entre ces deux eaux !

Le chrétien aussi, a le choix entre deux eaux : l’eau nauséabonde d’une citerne lézardée qui ne retient pas l’eau ( Jr 2.13 ) et l’eau de la Vie qui désaltère vraiment, i.e. le St Esprit, qui veut nous abreuver (1 Co 12.13) !
La chair produit les œuvres de la chair, tandis que l’Esprit produit le fruit de l’Esprit, Gal 5.19-23 

b) Comment pouvons-nous nous conformer à notre nature pécheresse ou au St Esprit ?
C’est un choix de tous les instants. Nous décidons, soit de suivre nos pensées charnelles et de nous y plonger, soit de fixer nos regards sur Jésus-Christ et de nous confier en sa puissance libératrice et sanctificatrice.  

Nous sommes responsables de nous brancher sur la chair ou le St Esprit, sur la malédiction ou la bénédiction, sur la mort ou la vie !
 

c) Le fait que la Parole de Dieu ne nous enseigne pas à prier le St Esprit, semble rendre notre dépendance de lui, plus compliquée. Nous prions le Père ou le Fils, mais c’est le St Esprit qui réalise en nous ce que nous avons demandé. Et l’enseignement de Paul nous pousse à prendre conscience que c’est le St Esprit qui agit en nous et nous transforme.
 

8.6 : LSG & BA : …car l’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix.  

8.6 : SG21 : De fait, la nature humaine tend vers la mort, tandis que l’Esprit tend vers la vie et la paix. 

Demeurer dans la chair, céder à la chair, c’est perdre la communion avec Dieu, c’est se couper de Dieu. C’est la mort spirituelle, avant la mort physique.
Les œuvres de la chair ce sont tous les péchés qu’un être humain peut commettre (Ga 5.19-21).
Demeurer dans l’Esprit, marcher selon l’Esprit, c’est la pleine communion avec Dieu, la vie abondante et la quiétude surnaturelle, le complet épanouissement de la personnalité.
Le fruit de l’Esprit c’est le caractère parfait de Christ : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi (ou : la fidélité), la douceur et la maîtrise de soi (Ga 5.22-23).
 

8.7 : LSG : Car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas.
8.7 : SG21 : En effet, la nature humaine tend à la révolte contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu et qu’elle n’en est même pas capable.

a) Le substantif grec traduit par inimitié ou révolte signifie aussi haine. Tout ce qui est charnel s’oppose à Dieu.
«  Si la chair, la vie par et pour le moi, tend à la mort, c’est-à-dire à la séparation complète d’avec Dieu, c’est qu’elle est dans son essence haine de Dieu. Elle sent bien que tout ce qu’elle donne à son idole, elle l’ôte à Dieu, et que tout ce qu’elle accorderait à Dieu, elle en priverait son idole. L’inimitié contre Dieu est donc le revers de l’attachement au moi ; elle appartient à l’essence de la chair. C’est là l’explication du fanatisme athée d’une partie de la génération actuelle. » (Frédéric Godet, 1812-1900, Commentaire sur l’Épître au Romains). 

«  D’après ce passage, notons que la volonté de l’homme est en tout et partout contraire à la   volonté de Dieu ; car autant il y a de différence entre la perversité et la droiture, autant faut-il nécessairement dire qu’il y a de désaccord entre Dieu et nous… St Paul… dit que notre cœur crève d’un endurcissement et d’une obstination indomptables, en sorte qu’il ne peut jamais être fléchi naturellement pour se soumettre à porter le joug de Dieu… Que chacun pour sa part se reconnaisse (comme il l’est en vérité) l’esclave du péché, afin d’être mis en liberté, étant affranchi par la grâce de Christ. De se glorifier d’une autre liberté, ce n’est que pure folie ! ». (Jean Calvin, 1509-1564, Commentaire sur l’Épître aux Romains).

b)  La chair est totalement et définitivement incapable de se soumettre à la loi de Dieu : C’est un jugement terrible sur la vie de tous les incroyants et sur la vie des chrétiens qui vivent selon la chair ! D’où le besoin absolu du St Esprit, sans lequel il est tout à fait impossible, d’obéir aux commandements de Dieu.
Ce verset souligne l’inanité de toutes les religions et morales.
Souvenons-nous à jamais de cette loi spirituelle sans exception : la chair, le vieil homme, la nature adamique, l’homme livré à lui-même, non en Christ ne peut pas obéir aux commandements de Dieu !
Souvenons-nous en lorsque nous luttons contre le péché avec nos capacités humaines, lorsque nous essayons de nous sanctifier par nos propres forces.

8.8 : BA : Or ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu.
8.8 : SG21 : Or, ceux qui sont animés par leur nature propre ne peuvent pas plaire à Dieu.

Croyants ou incroyants qui vivent selon les pulsions de leur nature charnelle, offensent Dieu. La chair religieuse, dévote, zélée, « pratiquante » n’échappe pas à ce verdict. 

«  Comment Dieu prendrait-il plaisir en des êtres qui ont pour principe de vie la recherche du moi ? N’est-ce pas le principe opposé à son essence ? » (Frédéric Godet, op. cité). 

 

8.9 : BA : Mais vous, vous n’êtes point dans la chair, vous êtes dans l’Esprit, si vraiment l’Esprit de Dieu habite en vous ; mais si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il n’est point à lui.  

8.9 : LSG : Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas.

Paul s’adresse, ici, aux croyants de Rome. Il pense qu’ils veulent sincèrement marcher avec Dieu et non pas se complaire dans la chair. Mais voir 8.13
• Ce verset, parmi d’autres, identifie l’Esprit de Christ à l’Esprit de Dieu. Voir Ga 4.6 ; Ph 1.19 
•Paul affirme clairement que c’est le Saint Esprit qui fait de nous des chrétiens : Est chrétien celui  qui a le St Esprit demeurant en lui, et non celui qui a une vie correcte.
Un homme ayant une vie morale, altruiste peut être perdu, et un nouveau converti, qui n’a pas encore profondément changé sa manière de vivre, est sauvé, parce que le St Esprit habite en lui.
L’inhabitation du St Esprit est la principale différence entre un croyant et un incroyant.   

L’Esprit est le sceau de Dieu sur les croyants ; il atteste leur appartenance à Dieu.
 

8.10 : LSG : Or, si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché ; mais l’esprit est vie à cause de la justice.
Par opposition au corps qui est condamné à mourir, l’esprit humain est vivant. 

8.10 : SEM :  Or, si Christ est en vous, votre corps reste mortel à cause du péché, mais l’Esprit est source de vie, parce que vous avez été déclarés justes.  

a) L’inhabitation du St Esprit en nous est identifiée à l’inhabitation de Jésus-Christ en nous.
Là où est l’Esprit de Christ, Christ y est lui-même.

b) Le corps, à cause du péché, est un mort en sursis. Seuls ceux qui seront enlevés, au retour de Christ, ne passeront pas par la mort de leur corps ; celui-ci sera changé en un instant pour revêtir l’immortalité.

Notre corps est mort d’abord, fondamentalement, à cause du péché d’Adam (5.12,15,17), mais probablement aussi à cause des innombrables abominations commises par toute l’humanité. La mort physique est une malédiction collective qui touche tous les hommes.
Pour le croyant, cette malédiction sera ôtée par la résurrection du corps. 

Pour l’incroyant, la mort physique est l’instant le plus terrible de son existence : jusqu’à la mort, la repentance et le pardon des péchés sont possibles ; dès l’instant de la mort, il entre dans l’irréversible, il a atteint le point de non-retour, alea jacta est, son sort est jeté pour l’éternité ! 

Depuis la résurrection de Jésus, la mort est pour le croyant, non l’entrée dans le séjour des morts (Shéol, Hadès), mais le départ vers Jésus-Christ, Ph 1.21-24 ; 2 Co 5.6-8 ; Ac 7.59 

c)  Dans le Nouveau Testament le substantif esprit (pneuma) peut désigner soit l’esprit de l’homme soit l’Esprit de Dieu, selon le contexte. Dans ce verset 8.10, le contexte n’indique pas clairement s’il s’agit de l’esprit humain ou de l’Esprit de Dieu.
Certains spécialistes pensent qu’il s’agit de l’esprit humain. Voir par exemple les traductions de Louis Segond, de Frédéric Godet, de la Bible Annotée…
L’esprit d’un incroyant est mort, il ne peut saisir les choses du royaume de Dieu, ni les voir ni les comprendre (Jn3), mais il peut entrer en contact avec le monde des ténèbres (mancies, magies, sorcellerie, spiritisme… ).  

L’esprit de l’homme devient vie dès le moment de la nouvelle naissance, par l’action du St Esprit. Cet esprit, qui est vie, peut demeurer en communion avec le St Esprit et collaborer avec lui.
«  La pensée de Paul est non seulement que l’esprit chez le fidèle participe à la vie, mais que, par l’union du Saint-Esprit avec lui, il devient lui-même foyer de vie. » ( Frédéric Godet, op. cité ). 

d) D’autres spécialistes et traducteurs comprennent que, dans ce verset 8.10, c’est le Saint Esprit qui est vie et source de vie dans le croyant : l’Esprit est source de vie (SEM) ; l’Esprit est votre vie à cause de la justice (TOB) ; l’Esprit est vie en vous parce que vous avez été rendus justes devant Dieu (BFC)…

Ceci est en harmonie avec l’enseignement de Jésus :
Jn 4.13-14 : BFC : Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’où jaillira la vie éternelle. »   

 

8.11 : BA :  Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus-Christ d’entre les morts vivifiera aussi vos corps mortels par (ou : à cause de) son Esprit qui habite en vous.

i)  Paul dit ici que c’est le Père qui a ressuscité Jésus d’entre les morts. Cf 6.4 ; 1 Th 4.14 ; Ac 2.32 ; Ga 1.1 ; Ep 1.20 ;

Parce que le Saint Esprit habite en nous, Dieu nous ressuscitera aussi certainement qu’il a ressuscité Jésus-Christ :  

1 Co 6.14 : Et Dieu, qui a ressuscité le Seigneur, nous ressuscitera aussi par sa puissance.  

2 Co 4 .14 : Nous savons en effet que Dieu, qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi avec Jésus, et nous fera paraître, avec vous, en sa présence.

ii) Le St Esprit a aussi été à l’œuvre dans la résurrection de Jésus d’entre les morts. C’est l’Esprit qui vivifie, Jn 6.63 – Il sera encore actif lors de notre résurrection.
 

iii)  Ailleurs, il est dit que Jésus est, de lui-même, revenu des morts : Il est la résurrection et la vie, Jn 11.25 ; il a la vie en lui-même, Jn 5.26 ; Jésus est un Esprit vivifiant, 1 Co 15.45 ;  

Jn 2.19 : Démolissez ce Temple, leur répondit Jésus, et en trois jours, je le relèverai.  

Jn 10.17-18 : Si le Père m’aime, c’est parce que je donne ma vie ; mais ensuite, je la reprendrai.En effet, personne ne peut m’ôter la vie : je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père.
 

De même, Jésus nous ressuscitera, en coopération intime avec le Père et le St Esprit. 

Celui qui a le St Esprit en lui, sera donc ressuscité par le Père, le Fils et le St Esprit.
Le corps de résurrection sera incorruptible et glorieux :
1 Co 15.42-44 : Il en va de même pour la résurrection. Lorsque le corps est porté en terre comme la graine que l’on sème, il est corruptible, et il ressuscite incorruptible ; semé infirme et faible, il ressuscite plein de force et glorieux. Ce que l’on enterre, c’est un corps doué de la seule vie naturelle ; ce qui revit, c’est un corps dans lequel règne l’Esprit de Dieu. Aussi vrai qu’il existe un corps doté de la seule vie naturelle, il existe aussi un corps régi par l’Esprit.
 

C’est ainsi que le dernier ennemi sera détruit (1 Co 15.26) et que la loi du péché et de la mort sera totalement abolie.
Nous sommes tellement habitués à l’idée de notre résurrection, qu’elle ne nous émerveille, fascine, enthousiasme plus !  

Songez : un corps glorieux comme celui de Jésus, avec des capacités inouïes, une liberté infinie ! 

Ap 21.4 : Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ; et la mort ne sera plus ; et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, car les premières choses sont passées.
 

Que cette pensée nous encourage à continuer à marcher, tous les jours, vaillamment avec Jésus ! Nous ne luttons pas en vain. Nous avons un avenir glorieux.
 

Bien évidemment, les incroyants, qui n’ont pas le St Esprit, ressusciteront également. Ils auront une existence éternelle de tourment :  

Ac 24.15 : Il y aura une résurrection des justes et des injustes. 

Dn 12.2 : Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l’opprobre, pour la honte éternelle. 
 

Théophile Hammann 

 

   ( Le commentaires des versets suivants, suivra ) 

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