UN GARDE DE CORPS DE LOUIS XVI DEVIENT ÉVANGÉLISTE

UN GARDE DE CORPS DE LOUIS XVI DEVIENT ÉVANGÉLISTE

Étienne de Grellet de Mabillier (1773-1855) manifestait, dès son jeune âge, une certaine soif de Dieu et nourrissait l’idée de s’engager dans un couvent. Un jour, n’arrivant pas à mémoriser une difficile leçon de latin, il contempla tristement par la fenêtre, l’œuvre du Créateur et se dit :
– Ce même Dieu ne peut-il pas me donner la mémoire ?
Il se mit à genoux et invoqua Dieu avec ferveur. Il eu la surprise de constater qu’à partir de ce moment il pouvait étudier avec aisance et une grande liberté intérieure.
Étienne se mit à aimer Dieu et à l’appeler mon Père.

Durant ses études au collège Militaire de Lyon, Étienne fit plusieurs expériences encourageantes avec Dieu.

En tant que fils d’un Conseiller du roi Louis XVI, il devint membre de la Garde du roi à 17 ans.
Le pouvoir révolutionnaire confisqua tous les biens de la famille et jeta les parents en prison pour deux ans. En fuite vers l’Allemagne, Étienne et ses deux frères furent arrêtés, mais miraculeusement libérés après une courte détention. Ils se réfugièrent alors à Coblence ( Koblenz ), en Allemagne pendant trois ans.
Se promenant le long du Rhin Étienne vit des monastères abandonnés et se mit à envier « la situation des ermites, retirés du monde, préservés de ses tentations… »

De retour en France Étienne fut de nouveau arrêté ; condamné à l’exécution par balles, il réussit miraculeusement à s’échapper et à se rendre en Hollande d’où, avec son frère Joseph, il embarqua pour la Guyane hollandaise. Après un voyage riche en aventures, les deux frères s’installèrent dans le New-Jersey aux États-Unis, où ils se lancèrent dans les affaires et prospérèrent.
Dieu permit qu’Étienne entre en contact avec la Société Religieuses des Amis, une branche du puritanisme qui, sous l’influence de Georges Fox, prônait, à partir de 1648, un retour aux Saintes Écritures. Ils sont connus de nos jours sous le nom de quakers (trembleurs).

« C’est le juge Gervase Benson qui par dérision nous donna ce qualificatif, parce que je lui avais dit de « trembler » au nom du Seigneur », déclara George Fox. Ce dernier fut d’ailleurs jeté en prison pour blasphème !

Étienne de Grellet fut profondément touché par l’humilité, la droiture et la foi authentique des quakers. Il se mit à dévorer la littérature de l’un des leurs, William Penn, le fondateur de la ville de Philadelphie.
« Un soir, note-t-il, me promenant seul dans les champs, mon esprit n’étant en aucune manière tourné vers les choses religieuses, je m‘arrêtais soudain, croyant entendre une voix solennelle qui répétait les mots « Éternité ! Éternité ! Éternité ! » Je fus transpercé jusqu’au fond du cœur, je frémis de la tête aux pieds : comme Saul, je fus précipité sur la terre. La dépravation de ma nature pécheresse et le gouffre d’éternelle perdition vers lequel je marchais furent révélés à mes yeux. Je m’écriais avec amertume : « S’il n’y a point de Dieu, il y a un enfer ! » et je me sentais au sein de cet enfer. Pendant longtemps, le terrible avertissement retentit à mes oreilles, je passais les nuits et les jours en prière, demandant que Dieu ait pitié de moi et me donne quelque signe qu’il entendait mes supplications. »

Étienne déchiffra à deux reprises le livre « Sans la croix, point de couronne », de William Penn, traduisant presque chaque mot en Français à l’aide d’un dictionnaire.
C’est ainsi également qu’il lut une Bible en Anglais.
Dans une réunion des quakers, son frère Joseph n’arrêta pas de répéter à ses oreilles : « Partons ! Partons ! », mais lui « sent la main du Seigneur avec tant de force que son âme est prosternée devant son Rédempteur. »

Il écrivit plus tard à propos de cette réunion : « Une joie secrète m’inondait, j’avais trouvé celui après lequel soupirait mon âme. J’étais comme cloué à ma place… »
Étienne de Grellet était devenu un homme nouveau par la puissance du Saint Esprit !

Peu après, dans une autre réunion des quakers, le Seigneur lui dit clairement au fond de son cœur : « Annonce aux autres ce que le Seigneur a fait pour ton âme ! »

Il obéit à cet appel et les Frères le reconnurent officiellement comme serviteur de Dieu.
Pendant 60 ans le Seigneur l’envoyait dans un grand nombre de pays pour y réveiller les chrétiens, amener les incroyants à la connaissance du Sauveur et secourir les pauvres, les malades, les prisonniers, les esclaves, les oubliés.
Des grands propriétaires terriens, touchés par son message, libérèrent leurs esclaves !
De grandes foules, notamment d’esclaves, se convertissaient.

En 1804, Étienne eut le bonheur d’épouser Rebecca Collins, la fille du célèbre éditeur Isaac Collins.

En 1807 il se rendit en Europe, trouva la France exsangue à cause des guerres napoléoniennes.

Après un court séjour au États-Unis, il alla, en 1811 et 1812, prêcher l’Évangile en Angleterre, en particulier aux miséreux, alcooliques, criminels, et aux prostituées. Comme John Wesley et Georges Whitefield il prêchait en plein air.
Il proclamait la Parole dans les pays nordiques, la Russie, la Turquie, la Grèce, l’Italie, la Suisse, la Bavière, la France…

En fait, Étienne vint en Europe à quatre reprises. Il annonça l’Évangile aux rois d‘Espagne, de Prusse, de Bavière, au tsar Alexandre 1er, au Pape Pie VII devant lequel il dénonça, en outre, les vices et les turpitudes du clergé catholique…
Sa mère qui pendant un demi-siècle avait énormément souffert d’avoir, pensait-elle, un fils hérétique et avait payé des messes pour son salut, trouva le Sauveur vers l’âge de 90 ans !

Dans la préface de ses Mémoires, Étienne de Grellet écrit : « Les campagnes sont blanches et prêtes à êtres moissonnées. J’ai souhaité quelques fois d’obtenir les longs jours de Mathusalem ; ou bien, j’aurais voulu que le soleil ne se couchât jamais, afin de pouvoir exécuter ma part de travail dans la grande œuvre qui s’accomplit au milieu de ces populations. »

Étienne de Grellet mourut à Burlington, dans le New jersey, le 16 novembre 1855.

Théophile Hammann

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